Passeport prévention : ce que l’ouverture de l’espace employeur change pour votre entreprise

Depuis le 16 mars 2026, chaque employeur dispose d’un espace déclaratif sur le Passeport de prévention. Derrière cette ouverture se cache une obligation nouvelle : déclarer les formations en santé et sécurité au travail dispensées en interne, et vérifier celles déclarées par vos organismes de formation. Pour une TPE ou une PME qui suit ses habilitations sur un tableur, le sujet est moins anodin qu’il n’y paraît.

D’où vient le dispositif ?

Le Passeport de prévention est né de l’accord national interprofessionnel du 9 décembre 2020, puis de la loi du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail. Il est inscrit à l’article L. 4141-5 du code du travail et géré par la Caisse des Dépôts pour le compte de l’État.

Son principe est simple : rassembler au même endroit toutes les formations et certifications en santé et sécurité au travail suivies par un travailleur, quel que soit l’employeur qui les a financées. SST, habilitations électriques, CACES, autorisations de conduite, formations incendie : autant de justificatifs aujourd’hui dispersés entre classeurs, boîtes mail et dossiers du personnel.

Le déploiement se fait par étapes :

  • 28 avril 2025 : ouverture aux organismes de formation
  • 1er septembre 2025 : début de leur obligation de déclaration
  • 16 mars 2026 : ouverture de l’espace employeur
  • 9 juillet 2026 : mise à disposition de la déclaration en masse par fichier
  • 16 novembre 2026 : ouverture de l’espace aux travailleurs

Le besoin auquel il répond

Sur le terrain, le constat est partagé par tous les préventeurs. Une entreprise qui recrute ne sait pas si le nouveau salarié est déjà titulaire d’une habilitation valide, et le refait former « au cas où ». Un salarié qui change d’employeur perd la trace de compétences pourtant acquises. Le Passeport vise donc trois objectifs : tracer les compétences acquises, permettre à l’employeur d’anticiper les échéances de renouvellement, et éviter les formations redondantes lors des changements d’entreprise.

La problématique pour une TPE-PME

L’obligation n’est pas complexe en soi. Elle devient lourde parce qu’elle suppose des prérequis que beaucoup de structures n’ont pas.

Il faut d’abord savoir quelles formations sont réellement concernées. Le décret n° 2025-748 du 1er août 2025 a fixé le périmètre des formations éligibles, les délais de déclaration et les modalités de vérification des données. Le décret n° 2026-496 du 12 juin 2026 est ensuite venu prolonger la période transitoire jusqu’au 31 décembre 2026, à la demande des partenaires sociaux, pour sécuriser la montée en charge du dispositif.

Concrètement, pendant cette période transitoire, les employeurs déclarent en priorité les formations les plus structurantes :

  • celles qui sont obligatoires et très encadrées par la réglementation,
  • celles qui conditionnent la délivrance par l’employeur d’une autorisation d’occuper un poste, comme les habilitations et les autorisations de conduite.

Il faut ensuite savoir qui déclare quoi. Les formations réalisées par un organisme extérieur sont déclarées par cet organisme : votre rôle est de vérifier ces déclarations et de demander une rectification si elles sont inexactes. Les formations que vous dispensez en interne, elles, relèvent de votre seule responsabilité déclarative.

Il faut enfin tenir les délais. En régime courant, la déclaration ou la vérification intervient dans un délai de neuf mois suivant la fin du trimestre au cours duquel la formation s’est achevée. La période transitoire ménage des délais spécifiques, par exemple jusqu’au 31 décembre 2026 pour vérifier les déclarations des organismes de formation portant sur des sessions de la fin 2025, ou jusqu’au 1er avril 2027 pour les formations internes réalisées entre le 16 et le 31 mars 2026.

Les impacts concrets sur votre organisation

Ce qui se joue ici, c’est la cohérence entre les actions de prévention inscrites dans votre DUERP et les formations que vous déclarez effectivement. C’est précisément sur ce point que porteront les contrôles. L’inspection du travail vérifiera que les actions de prévention associées à votre DUERP sont cohérentes avec ce qui est déclaré dans le Passeport prévention et donc effectivement réalisé. Chaque formation réalisée doit correspondre à un risque évalué dans le DUERP. De même, chaque formation en Santé et Sécurité au travail annoncée dans le plan d’actions associé au DUERP doit se retrouver dans le Passeport Prévention.

La réponse Cap Creane

Notre logique est de traiter le Passeport de prévention non pas comme une formalité déclarative isolée, mais comme le prolongement direct de votre document unique. C’est la raison d’être de l’annexe que nous produisons. Rattachée à votre document unique dans l’outil DUCreane, elle reprend votre plan de formation santé sécurité au travail. Cette annexe au DUERP que nous proposons n’est pas un document obligatoire, mais il devient ici la pièce qui relie les deux : il recense les formations concernées, en regard des risques identifiés dans votre DUERP. Vous êtes ainsi en mesure de démontrer facilement qu’il y a une cohérence entre le plan d’actions de prévention des risques professionnels et ce qui est déclaré dans le Passeport. Le DUERP devant être conservé pendant 40 ans, cette traçabilité dans le temps facilitéra vos réponses aux contrôle actuels ou futurs. Vous souhaitez faire le point sur vos obligations ? Contactez Cap Creane pour un premier échange sur votre situation.